Inspirations
Déco scandinave : une suspension, et beaucoup de vide
On conseille de vider la pièce, puis d'y installer cinq luminaires. Voici ce qu'une suspension scandinave demande vraiment autour d'elle.
L'équipe Amethysal
· Lecture 7 min
Les pages sur la déco scandinave donnent toutes le même premier conseil, et il est bon : videz. Trois objets choisis plutôt que dix, des murs qui respirent, du textile et presque rien d'autre. Puis on ouvre un guide d'éclairage nordique, et on y lit qu'il faut trois à cinq sources lumineuses à des hauteurs différentes.
Personne ne semble remarquer que le second conseil défait le premier. Une pièce qu'on vient de vider, dans laquelle on installe cinq luminaires, n'est plus une pièce vide : elle est remplie d'objets qui brillent. C'est exactement à cet endroit que la suspension scandinave se joue, et ce n'est pas une question de rotin ni de bois clair.
Une pièce qu'on a vidée ne pardonne rien
Dans un salon chargé, une suspension moyenne passe inaperçue. Il y a des cadres, une bibliothèque, des plantes, mille choses qui occupent l'œil avant elle. Videz la pièce, et vous lui retirez tous ses complices : elle devient le seul objet de la pièce à se trouver à hauteur de regard, et le seul à porter une forme franche.
Ce statut a un prix. Ce qu'on ne remarquait pas devient visible d'un coup : le câble qui pend de travers, la rosace en plastique blanc, le point d'accroche à quarante centimètres de l'axe du canapé parce que c'est là que le fil sortait du plafond. Dans une pièce meublée, ce sont des détails. Dans une pièce vidée, ce sont les seuls détails.

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objet au plafond, et pas deux
C'est la seule règle de nombre qui vaille dans ce décor. Un décor de retrait ne supporte pas deux formes fortes en hauteur : la deuxième ne double pas l'effet, elle l'annule.
D'où un conseil qu'on ne lit nulle part et qui coûte une heure : avant d'acheter la suspension, réglez le plafond. Rosace repeinte au ton du plafond, longueur de câble ajustée, accroche déplacée si elle est vraiment de travers. Une belle pièce sur un plafond mal préparé reste une belle pièce mal posée.
Trois à cinq sources dans une pièce qu'on vient de vider
Le conseil des trois à cinq sources n'est pas faux, il est mal formulé. Ce qu'il vise, c'est la fin du plafonnier unique et de son éclairage plat. Ce qu'il produit, appliqué à la lettre dans un intérieur nordique, c'est un salon où cinq objets réclament l'attention alors qu'on venait d'en retirer sept.
La sortie est simple : on multiplie la lumière, pas les luminaires visibles. Une suspension assumée, et deux ou trois sources qui se cachent. Une lampe posée au sol derrière un fauteuil qui lave le mur. Une petite lampe basse sur l'enfilade, sous la ligne du regard. Le compte y est, l'encombrement visuel non.
Le test est immédiat : allumez tout, puis reculez jusqu'à la porte. Si vous comptez les luminaires du regard, il y en a trop. S'il n'y a que des zones de lumière et une seule forme au plafond, c'est réussi. Pour la question voisine, celle des styles qui cohabitent quand les sources se multiplient, nous l'avons traitée dans mélanger les styles de luminaires sans faute de goût.
Le mur derrière décide autant que la forme
Une suspension scandinave se regarde de loin, et presque toujours contre un mur clair, puisque c'est le décor. La question n'est donc pas seulement « quelle forme », mais « quelle finition contre ce mur-là ». Deux réponses, opposées, et toutes les deux justes.
La finition claire disparaît dans le mur et ne laisse que le halo. C'est le choix des petites pièces et des plafonds bas, où une masse sombre suspendue pèse. La finition sombre, elle, dessine un trait net dans un décor qui n'en a plus aucun, et donne à la pièce son seul accent. Notre suspension Tivoli, dont les disques de métal laqué existent en sept coloris, se prête aux deux lectures : Soft Ivory pour se fondre, Obsidian pour trancher.
Le choix se fait en regardant le mur, pas le catalogue. Un mur blanc franc supporte le contraste ; un mur beige ou grège, plus chaud, avale une silhouette sombre et la transforme en tache. Les autres suspensions de la maison se jugent au même endroit.
Descendre, puisque la source est cachée
Devant un plafond ordinaire, tout le monde donne la même consigne : prenez une suspension compacte, plaquée en haut, ou renoncez et mettez un plafonnier. C'est prudent, et c'est passer à côté de ce que ce répertoire permet.
Une suspension nordique cache sa source. Aucun filament n'atteint l'œil, quel que soit l'angle depuis lequel on la regarde. Cette propriété a une conséquence pratique que personne n'énonce : elle peut descendre bien plus bas qu'une suspension ordinaire sans gêner personne. Au-dessus d'une table basse, hors des passages, elle crée alors ce qu'un luminaire collé au plafond ne fera jamais, une bulle de lumière à la hauteur des gens assis.
La limite est physique, pas esthétique : on ne se cogne pas dedans et on ne coupe pas le regard entre deux personnes assises face à face. Le reste est une affaire de courage. D'où vient cette source cachée, et pourquoi elle est devenue la signature de tout un pays, se lit dans la leçon danoise des années 60 ; et pour situer ce style parmi les autres, notre dossier du mois passe les intérieurs en revue, intégrer un luminaire design à sa déco.
Dans une pièce vide, on ne regarde pas la lampe : on regarde ce qu'elle a autour d'elle.

À retenir
Ce style ne demande pas un objet particulier, il demande de la place autour. Une seule forme au plafond, des lumières d'appoint qui se cachent, une finition choisie en regardant le mur et non le catalogue, et le courage de descendre puisque la source ne brûle pas les yeux. Le reste, le rotin, le bois clair, les guirlandes, c'est du décor de surface. Le vide, lui, fait tout le travail.
Questions fréquentes
Quelle suspension pour un salon scandinave ?
Une seule, forte, dont la source reste invisible d'en dessous. Étages, lamelles, coupe profonde ou verre opalin, le moyen importe peu. Ce qui compte est qu'elle soit la seule forme suspendue de la pièce, et que le reste de la lumière vienne de sources qu'on ne remarque pas.
Et si le plafond est bas ?
Le réflexe habituel est de plaquer la suspension au plafond. Ce n'est pas la seule voie : puisqu'une suspension nordique n'éblouit pas, elle peut au contraire descendre au-dessus d'une table basse, hors des passages. Une finition claire y aidera, elle allège la masse là où une laque sombre pèserait.
Faut-il forcément du rotin ou du bois clair ?
Non. Le métal laqué et le verre appartiennent tout autant à ce répertoire, et l'on y trouve même des couleurs franches. Le bois clair est un accent devenu cliché à force d'être répété, pas une condition du style.
Combien de luminaires dans une pièce scandinave ?
Comptez les lumières, pas les objets. Trois ou quatre zones éclairées valent mieux qu'un plafonnier unique, mais une seule doit être visible : celle du plafond. Les autres se posent bas, derrière un fauteuil ou sur un meuble, sous la ligne du regard.
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